« Zéro enfant à la rue » : les associations déplorent un « échec collectif »

L’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) publient chaque année, avant la rentrée scolaire, un décompte des « enfants à la rue » à partir des demandes au numéro d’urgence 115. Pour la nuit du 18 au 19 août 2026, 2 355 enfants, dont 514 de moins de trois ans, ont dormi dehors, soit une hausse de 9 % en un an et de 42 % par rapport à 2022. Ces données sont présentées comme sous-estimées, car elles ne couvrent que les enfants dont les parents ont pu joindre le 115 et ne prennent pas en compte les mineurs non accompagnés (MNA) ni les familles qui n’appellent pas le dispositif.

En parallèle, la Coordination nationale jeunes exilé·e·s en danger recensait en juin 2025 au moins 1 087 MNA en attente de reconnaissance de minorité par un juge, contraints de vivre dans la rue, des squats ou des campements. Unicef France et la FAS soulignent que toutes les régions sont concernées, avec une concentration en Île-de-France (1 940 enfants à la rue lors de la nuit du 18 août 2026). La situation à La Réunion est signalée comme particulièrement préoccupante : en 2025, 1 300 enfants y sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2024.

Selon le baromètre Unicef/FAS, sur 6 840 personnes pour lesquelles le 115 n’a pas trouvé de solution, 4 300 étaient des personnes en famille (63 %). Parmi ces familles, 41 % étaient des femmes seules avec enfant(s), soit deux fois plus qu’en 2022, ce qui est interprété par les associations comme un indicateur de féminisation du sans-abrisme. Unicef France et la FAS attribuent l’augmentation des demandes non pourvues à une saturation chronique des dispositifs d’hébergement, alors que le parc d’hébergement d’urgence est stabilisé à 203 000 places depuis 2021 et jugé sous-dimensionné par les acteurs associatifs.

Les organisations rappellent que ces évolutions interviennent après des engagements publics : en 2022, le gouvernement s’était fixé l’objectif de mettre fin au sans-abrisme des enfants, faisant suite à l’ambition formulée par le président de la République de loger tout le monde dignement et de ne plus avoir de personnes à la rue. L’ensemble des constats met en évidence des tensions persistantes sur l’accès à l’hébergement d’urgence, notamment pour les familles, les femmes seules avec enfants et les mineurs non accompagnés, ainsi qu’un écart entre les objectifs annoncés et la situation observée sur le terrain. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite

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