L’essai français ANRS 170 QUATUOR, conduit dans le champ de la prise en charge du VIH, évalue une stratégie d’allègement thérapeutique consistant à prendre un traitement antirétroviral 4 jours sur 7, en comparaison avec un schéma continu 7 jours sur 7, chez des patients ayant une charge virale contrôlée sous trithérapie à base majoritairement d’inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse ou d’inhibiteurs d’intégrase. L’étude, présentée par Lambert S et al. (abstract WEPEB102, actualisé), s’intéresse ici à l’impact de cette stratégie intermittente sur le réservoir viral sanguin sur une période de deux ans.
Chez 112 participants, l’ADN proviral du VIH a été mesuré au début de l’essai (J0), puis à 48 semaines (S48) et à 96 semaines (S96). L’évolution de l’ADN proviral entre J0 et S48 ne différait pas significativement entre le groupe 4 jours sur 7 et le groupe 7 jours sur 7 (p = 0,762). Sur l’ensemble de la période J0–S96, la variation de l’ADN proviral dans le groupe 4 jours sur 7 (-0,01 log10 copies/10⁶ cellules) n’était pas significativement différente de celle observée chez les patients sous traitement continu (-0,09 log10 copies/10⁶ cellules, p = 0,190). Aucun écart significatif n’a été observé dans le pourcentage de patients avec ADN proviral détectable entre S48 et S96 (p = 0,506), ce qui suggère une stabilité du réservoir viral à moyen terme malgré l’allègement thérapeutique.
L’étude montre par ailleurs que le niveau d’ADN proviral à l’inclusion était significativement plus élevé chez les patients présentant un échec virologique (2,6 contre 2,1 log10 copies/PCR, p = 0,043), mais ce paramètre n’était pas associé à la survenue de « blips » virologiques (p = 0,3). Chez les patients pour lesquels les analyses de séquences virales étaient possibles (ADN détectable, amplification suffisante), aucune différence significative entre les deux groupes n’a été observée, de l’inclusion à la semaine 48, en termes de diversité des haplotypes (p = 0,943) et de diversité nucléotidique (p = 0,134). Ainsi, la stratégie 4 jours sur 7, déjà démontrée non inférieure au plan virologique à 48 semaines avec maintien de l’efficacité jusqu’à 96 semaines, ne semble pas favoriser, à deux ans de suivi, ni l’augmentation du réservoir viral sanguin ni la diversification génétique du virus.
Ces résultats, issus d’un essai français coordonné par l’ANRS, sont pertinents pour le suivi des politiques de santé en matière de VIH, en particulier concernant les stratégies d’allègement thérapeutique et leur impact sur le contrôle virologique et la dynamique du réservoir viral à moyen terme. Les conclusions restent toutefois limitées à la population étudiée (patients déjà contrôlés sous trithérapie, profils thérapeutiques spécifiques) et à la durée de suivi de deux ans. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
