L’Institute for Fiscal Studies (IFS) met en évidence l’existence d’un sous-groupe de jeunes « NEET cachés » (ni en emploi, ni en études, ni en formation) qui ne recourent pas aux prestations sociales, et qui apparaissent plus proches du marché du travail que les NEET bénéficiaires d’aides. L’étude, centrée sur le marché du travail britannique, compare la situation, les caractéristiques et les perspectives d’insertion de ces deux catégories de jeunes.
Les travaux montrent que les NEET cachés ont, en moyenne, un profil plus favorable à un retour à l’emploi : ils présentent généralement un niveau de qualification ou une expérience plus élevés, un lien plus récent ou plus direct avec l’emploi, et des freins à l’activité moins lourds que les NEET percevant des prestations. À l’inverse, les NEET bénéficiaires sont plus souvent confrontés à des difficultés multiples (santé, handicap, problématiques sociales) les éloignant durablement de l’emploi.
L’IFS souligne que les NEET cachés échappent en grande partie aux dispositifs publics d’accompagnement, du fait de leur non-recours aux prestations et de leur moindre visibilité statistique et administrative. Cette situation pose un enjeu de ciblage des politiques d’emploi et d’insertion : une partie des jeunes sans activité, potentiellement réinsérables rapidement, ne bénéficie pas d’un suivi ni d’un appui adaptés. L’institut met en avant l’importance d’outils permettant d’identifier ces jeunes et de mieux comprendre leurs motivations à ne pas demander d’aides (méconnaissance des droits, stigmatisation perçue, complexité administrative, stratégies familiales, etc.), sans toutefois apporter de conclusions définitives sur ces déterminants.
Sur le plan des politiques publiques, l’IFS met en garde contre une approche uniforme des NEET, qui traiterait de la même manière des publics aux distances très différentes vis-à-vis de l’emploi. Il suggère qu’une distinction plus fine entre NEET cachés et NEET bénéficiaires pourrait améliorer l’efficacité des mesures d’accompagnement, de formation et d’activation, en particulier pour les pays qui, comme le Royaume-Uni, s’appuient fortement sur les systèmes de prestations pour repérer les jeunes en difficulté. L’étude rappelle néanmoins certaines limites méthodologiques, notamment le fait que l’identification des NEET cachés dépend des sources de données disponibles et que leurs trajectoires restent encore insuffisamment documentées. (contenu résumé en français par l’IA) Lire la Suite
