Des chercheurs de l’Université Paris-Saclay, de l’Inserm, du CEA, de l’AP-HP, de la fondation Arthritis et de partenaires internationaux ont identifié un nouveau mécanisme expliquant l’activation chronique de l’interféron dans la maladie de Sjögren, maladie auto-immune systémique servant de modèle pour d’autres pathologies auto-immunes. L’étude, coordonnée notamment par l’équipe du Pr Xavier Mariette (service d’Immuno-Rhumatologie, Hôpital Bicêtre, AP-HP, Univ. Paris-Saclay, Inserm, CEA), a été publiée le 24 août 2026 dans la revue américaine PNAS (Arco-Hierves et al).
La maladie de Sjögren touche environ 0,1 % de la population générale, avec une nette prédominance féminine (9 femmes pour 1 homme). Elle se caractérise par une infiltration de cellules immunitaires autour des épithéliums, en particulier au niveau des glandes salivaires et lacrymales, entraînant une sécheresse buccale et oculaire, des douleurs articulaires et une fatigue importante. Dans 40 % des cas, des complications inflammatoires sévères peuvent survenir dans différents organes, et 5 à 10 % des patients les plus graves développent un lymphome. Aucun traitement spécifique n’a à ce jour démontré son efficacité.
Les travaux de l’équipe de Xavier Mariette avaient montré dès 2006 (Gottenberg JE et al, PNAS) que la maladie de Sjögren, comme d’autres maladies auto-immunes systémiques, est caractérisée par une forte « signature interféron », correspondant à l’activation persistante de centaines de gènes normalement mobilisés en réponse aux infections virales. Cette réponse antivirale est considérée comme un moteur majeur de la maladie et constitue une cible thérapeutique importante. Malgré des recherches menées depuis près de 50 ans, aucune origine virale persistante n’a été retrouvée chez la majorité des patients.
Le nouveau travail met en évidence un mécanisme jusqu’alors inconnu par lequel les cellules des glandes salivaires déclenchent elles-mêmes une réponse antivirale en l’absence de toute infection virale détectable. Il apporte des éléments de réponse à la question de l’activation chronique de l’interféron dans les glandes salivaires, alors que les hypothèses antérieures (infections virales anciennes, activation de séquences d’origine virale du génome humain, anomalies génétiques du système immunitaire) n’expliquaient pas pleinement ce phénomène. Ces résultats renouvellent la compréhension des premiers événements à l’origine de la maladie et ouvrent des perspectives pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les mécanismes d’activation de l’interféron dans les maladies auto-immunes. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
