Les décharges des directeurs d’école pourront être majorées selon l’organisation des collectivités

Un décret du 25 août 2026, applicable depuis le 1er septembre 2026, permet aux autorités académiques de majorer, à titre exceptionnel, les décharges de service d’enseignement des directeurs d’école, en fonction des spécificités d’organisation des collectivités territoriales et de contraintes démographiques particulières. Cette mesure étend à l’ensemble du territoire national une possibilité jusqu’alors mise en œuvre de façon dérogatoire dans l’académie de Paris.

Depuis 1982, les directeurs d’école de l’académie de Paris bénéficiaient en effet d’un régime spécifique de décharges : demi-décharge dès les écoles maternelles de moins de cinq classes et les écoles élémentaires ou primaires de moins de quatre classes (contre neuf classes dans le droit commun), et décharge totale à partir de cinq classes en maternelle et quatre classes en élémentaire ou primaire (au lieu de treize dans les autres académies). Pour couvrir les heures d’enseignement non assurées par les directeurs, le ministère de l’Éducation nationale affectait des enseignants remplaçants. Selon la Cour des comptes, ce dispositif a représenté, pour la période 2013-2016, un coût annuel moyen de 18,6 millions d’euros pour 372,5 équivalents temps plein, d’abord financé en partie par la ville de Paris jusqu’en 2017, puis avec une contribution réduite avant son arrêt complet en 2019. À la fin de l’année scolaire 2023-2024, le coût pour l’État était de 116,4 millions d’euros.

Dans un référé de 2024, la Cour des comptes a recommandé au ministère de l’Éducation nationale de mettre fin rapidement à ce régime dérogatoire, estimant que ce dispositif, jugé irrégulier, engendre une charge budgétaire importante pour le ministère et crée une rupture d’égalité entre Paris et les autres communes. Cette critique a suscité des réactions contrastées au Parlement : certains parlementaires ont dénoncé la différence de traitement, tandis que des élus parisiens défendaient la spécificité de la capitale. Initialement, le ministère de l’Éducation nationale paraissait vouloir suivre la recommandation de la Cour, avant d’ouvrir en février 2025 une concertation avec les personnels parisiens pour définir un régime de décharge conforme à la réglementation.

Le décret du 25 août 2026 ne met finalement pas fin au principe de majoration des décharges, mais en ouvre la possibilité à toutes les écoles de France, sous décision des autorités académiques et en fonction de critères locaux. Cette évolution répond à la fois aux enjeux budgétaires soulevés par la Cour des comptes, aux exigences d’égalité de traitement entre collectivités et aux revendications des personnels concernés, et peut avoir un impact sur l’organisation du travail et les conditions d’exercice des directeurs d’école. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite

Retour en haut