Une étude menée en 2012 auprès des aumôniers et assistants d’aumôniers (chaplain assistants, CAs) de l’US Army analyse leurs perceptions et pratiques en matière de prévention du suicide, alors que ces personnels sont explicitement désignés par la politique de l’Armée américaine comme des « gatekeepers » de premier rang pour repérer, prendre en charge et orienter les soldats en détresse suicidaire. L’enquête a été réalisée en ligne auprès de l’ensemble des aumôniers et CAs de la composante active et de la réserve de l’US Army. Les taux de réponse allaient de 41 % pour les aumôniers de l’active à 19 % pour les aumôniers et CAs de la réserve, ce qui constitue une limite méthodologique importante.
L’étude évalue plusieurs dimensions clés pour la prévention du suicide : sentiment d’efficacité en intervention, réticence à intervenir, stigmatisation liée à la santé mentale et comportements d’intervention passés. Près de la moitié de l’ensemble des aumôniers et CAs déclaraient avoir besoin de davantage de formation en prévention du suicide. Les aumôniers déclaraient une capacité perçue d’intervention auprès de personnes à risque suicidaire plus élevée que celle observée dans des échantillons civils de comparaison, mais ils rapportaient simultanément une plus forte réticence à intervenir. Cette réticence semble en partie liée à des niveaux élevés de stigmatisation à l’égard du recours aux soins de santé mentale.
Les auteurs en déduisent que l’US Army devrait mettre en place des formations spécifiques en prévention du suicide pour les aumôniers et CAs, axées sur trois volets principaux : renforcement des compétences pour assurer une prise en charge comportementale aiguë, réduction de la stigmatisation entourant les traitements de santé mentale, et encouragement de la collaboration des aumôniers avec les autres ressources de santé mentale. Ces résultats, issus du contexte militaire américain, peuvent présenter un intérêt comparatif pour les administrations françaises en matière d’organisation de la prévention du suicide dans les forces armées et chez d’autres intervenants de première ligne, tout en tenant compte des limites liées aux taux de réponse partiels et au contexte institutionnel spécifique de l’US Army.(contenu résumé en français par l’IA) Lire la Suite
