La Haute Autorité de santé (HAS) complète son dernier rapport sur les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) par une analyse spécifique des EIGS survenant chez des patients en fin de vie, à partir des déclarations recueillies dans le cadre du dispositif national mis en place depuis 2017. Cette analyse porte sur des situations de prise en charge complexes, concernant des personnes atteintes de maladies graves, évolutives, en phase avancée, potentiellement mortelles ou avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme.
La HAS constate que ces situations de fin de vie se caractérisent par des trajectoires cliniques variées, parfois prolongées, marquées par une dégradation progressive de l’état de santé, des besoins croissants en soins et en accompagnement, et par des décisions médicales complexes (objectifs de soins, soulagement des symptômes, proportionnalité des traitements, respect des volontés du patient). Les patients, très vulnérables, sont exposés à des risques spécifiques liés à leur état clinique, à leur dépendance aux soins, à l’usage de traitements à risque et à la complexité des prises en charge. Toute défaillance dans un des éléments de cette prise en charge peut entraîner des conséquences graves.
L’analyse des déclarations met en évidence une prédominance de causes organisationnelles évitables dans la survenue des EIGS en fin de vie. La HAS rappelle que l’erreur humaine est fréquente et inhérente à l’activité de soins, en particulier dans un contexte complexe et en évolution constante, et qu’elle ne peut être totalement supprimée. La sécurité des soins repose sur la réduction maximale de ces erreurs et sur leur gestion appropriée lorsqu’elles surviennent.
Dans ce contexte, marqué aussi par l’évolution des attentes sociétales, le renforcement des droits des patients, la stratégie décennale des soins d’accompagnement 2024‑2034 et le développement des prises en charge hors hôpital, la HAS souligne la nécessité de mieux objectiver les risques associés aux soins en fin de vie. Sur la base des déclarations des professionnels et des établissements sanitaires et médico-sociaux, elle préconise en particulier de mieux formaliser le plan personnalisé de soins et d’accompagnement et de garantir la continuité des prises en charge. Les recommandations formulées ciblent exclusivement les causes profondes identifiées dans les EIGS analysés et n’annulent ni ne remplacent les recommandations déjà publiées antérieurement par la HAS ou d’autres organismes, qui restent pleinement valides. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
