Le contenu porte sur l’évolution récente et la trajectoire prévue du déficit de la sécurité sociale en France dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), en lien avec la maîtrise des dépenses sociales et de santé.
En octobre 2025, lors de la présentation du PLFSS pour 2026, le gouvernement avait annoncé un objectif de déficit de la sécurité sociale de 17,5 milliards d’euros pour 2026, soit 5,5 milliards de moins qu’en 2025, et assumé une trajectoire visant un déficit de 18,3 milliards d’euros à l’horizon 2029. La loi de financement pour 2026, publiée le 31 décembre 2025, a finalement retenu un déficit prévisionnel de 19,4 milliards d’euros pour 2026, qui aurait atteint près de 24 milliards sans un transfert de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’État vers la sécurité sociale. Un an plus tard, le déficit effectif pour 2026 est estimé à 21,8 milliards d’euros, proche du déficit 2025 réévalué à 21,6 milliards d’euros.
Dans un contexte de hausse marquée des taux d’intérêt de la dette française, le gouvernement présente, dans un nouveau PLFSS, une trajectoire qualifiée d’ambitieuse : réduction quasi de moitié du déficit pour atteindre 12,7 milliards d’euros en 2027, puis stabilisation autour de 17 milliards d’euros à l’horizon 2030. Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, rappelle que la sécurité sociale est normalement à l’équilibre et qualifie de « pas supportable » un déficit structurel d’environ 20 milliards d’euros installé depuis l’après-Covid. La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, insiste sur la nécessité de « protéger » la sécurité sociale.
Selon l’exposé des motifs du tableau d’équilibre 2027 (article 16 du PLFSS), l’amélioration nette du solde, évaluée à 9,1 milliards d’euros en 2027, repose sur deux leviers principaux. D’une part, une hausse limitée des dépenses de 2 %, articulée autour : d’une progression de l’Ondam de 2,0 % ; d’une revalorisation différenciée des pensions ; et de mesures d’économies sur les prestations familiales, incluant la stabilisation de leurs montants (gain estimé à 1,5 milliard d’euros) et l’instauration, à l’article 37, d’une condition d’un an de résidence régulière en France pour en bénéficier. D’autre part, une augmentation des recettes de 3,4 %, tirée notamment par une progression de 2,4 % de la masse salariale du secteur privé et par des mesures nouvelles, dont la prolongation d’un an de la participation exceptionnelle des organismes complémentaires au financement de l’assurance maladie, pour un montant supplémentaire de 1,1 milliard d’euros.
Pour la branche maladie, la trajectoire implique une augmentation des dépenses d’environ 6 milliards d’euros, combinée à un freinage de 4 milliards d’euros par rapport à la dynamique antérieure, dont 3 milliards sur les médicaments et 1 milliard sur les arrêts maladie. L’ensemble de ces éléments traduit un recentrage de la politique de financement de la sécurité sociale sur la résorption progressive d’un déficit devenu structurel, via un contrôle renforcé de certaines dépenses sociales et de santé et une mobilisation accrue de certaines recettes, en particulier dans le champ de l’assurance maladie. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
