Plusieurs travaux et rapports récents font état d’une hausse des situations de prostitution de mineurs, dans un contexte marqué par le développement des usages numériques, des réseaux sociaux et des messageries instantanées. Ces outils ont modifié les modalités d’entrée dans la prostitution, en déplaçant les premiers contacts vers des espaces dématérialisés et plus anonymes. Les estimations disponibles, issues de sources institutionnelles et associatives, varient entre 6 000 et 15 000 mineurs concernés, certaines évaluations plus récentes allant jusqu’à 20 000. En 2025, les forces de sécurité intérieure ont enregistré 704 victimes mineures de proxénétisme ou de recours à la prostitution, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2021.
Les données disponibles indiquent que les filles représentent la grande majorité des mineurs concernés (environ 85 à 95 % selon les sources) et que les situations repérées concernent principalement des adolescents de 15 à 17 ans. Les mineurs confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE) représenteraient près de la moitié des situations. Ces éléments soulignent l’enjeu pour les dispositifs de protection de l’enfance et les acteurs sociaux, éducatifs, sanitaires et judiciaires.
Sur le plan juridique, la prostitution des mineurs est interdite sur tout le territoire depuis la loi n° 2002‑305 du 4 mars 2002. Toute situation de prostitution impliquant un mineur est qualifiée de situation de danger au sens de l’article L.112-3 du Code de l’action sociale et des familles et relève de la protection de l’enfance. Le cadre pénal repose sur le principe de prohibition de la prostitution des mineurs, sans considération de consentement. Les infractions visent les tiers impliqués (recours à la prostitution d’un mineur, proxénétisme, traite des êtres humains) et posent le mineur en situation de prostitution comme une victime à protéger.
Face à l’augmentation et à la complexité de ces situations, les professionnels rencontrent des difficultés pour repérer, évaluer et accompagner les mineurs concernés, les interventions devant s’inscrire dans la durée et articuler de manière coordonnée les dimensions éducatives, sociales, sanitaires et judiciaires. Dans ce contexte, une recommandation de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) est élaborée afin de soutenir les acteurs de la protection de l’enfance. Elle vise à améliorer la connaissance du phénomène, y compris des besoins et attentes des mineurs, à développer des repères communs et un langage partagé, à renforcer les capacités de repérage et d’analyse des situations, et à identifier des outils, ressources et modalités de prévention, d’intervention et d’accompagnement adaptés, dans une logique de cohérence des interventions et de continuité des parcours. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
