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Pages 1 à 6 | Pages de début
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Pages 7 à 8 | Parentalité et parentèles : déclinaisons
| Fabian Guénolé, Patrick Alecian
« La famille n’est plus un groupe », écrivait il y a
quelques années le regretté Bruno Latour. De fait, l’évolution
contemporaine de la famille – marquée par les
recompositions, parfois précoces et successives – modifie
sa stabilité structurelle et, potentiellement, sa dépendance
fonctionnelle, qui ont longtemps fait partie de sa définition.
À ces transformations formelles s’ajoute une évolution des
valeurs : de l’autorité et du devoir au sein d’une cellule
asymétrique – la famille moderne décrite par
Durkheim – nous passons, dans la configuration dite
« postmoderne », à une valorisation du consensus et du
bien-être, au sein d’une cellule plus
symétrique – certains diraient
« horizontalisée » – et ouverte.
Ces évolutions touchent-elles la parentalité ? Le terme
lui-même, relativement récent, désigne aujourd’hui un ensemble
élargi de réalités : non seulement les fonctions juridiques et
éducatives des parents, mais aussi leur présence affective, leur
engagement quotidien auprès de leur(s) enfant(s), et les
représentations intimes – parfois
conflictuelles – de ce lien.
Dans ce contexte, la parentalité devient un espace
d’investissements intenses, mais aussi de tensions. Jamais elle n’a
été autant idéalisée – comme accomplissement personnel ou
preuve d’amour –, et jamais autant exposée à la vulnérabilité,
à la solitude, aux injonctions contradictoires. À l’heure de la
parentalité « positive », de la médiatisation de discours
experts sur le développement de l’enfant, et d’un regard social
parfois surplombant, les parents sont appelés à être présents sans
envahir, à combler tout en faisant tolérer le manque, à réussir
sans faillir… -
Pages 9 à 18 | De la parenté, actualité de quelques points de repères
anthropologiques
| Olivier Douville
À partir de sa culture anthropologique,
l’auteur se propose d’éclairer notre compréhension immédiate du
terme de parenté. Il fera place à la notion d’alliance en la
discutant au regard des logiques de filiations. Pas d’étude de la
parenté sans situer le principe d’ancestralité, tel qu’il peut être
célébré ou mis en pièces par les nouvelles formes d’affiliation et
de désaffiliation. -
Pages 19 à 41 | La parentalité, d’un concept spécialisé à un dispositif
social : les sciences humaines confrontées aux dérives des
médias, du politique et de la société marchande
| Gérard Neyrand
L’auteur, au terme d’un parcours
historique examinant la genèse et le destin du concept de
« parentalité », montre comment le soutien à la
parentalité se trouve donc aujourd’hui dans une position
particulièrement ambiguë. Si la reconnaissance de l’importance de
l’éducation parentale a tendance à sur-responsabiliser les parents,
alors la tendance est de déléguer à la société civile la mise en
œuvre du soutien, ce qui favorise, par-delà l’implication
associative, une marchandisation de celui-ci par le biais de la
prolifération des influenceurs et des coachs parentaux sur les
réseaux sociaux, favorisant de fait les dérives d’une éducation et
d’une parentalité positives qui incitent les parents à n’être que
les accompagnateurs du développement de leurs enfants. -
Pages 43 à 54 | « Nous sommes dans une ère des néo-Lumières »
| Didier Houzel, M. Avondes, Fabian Guénolé
Fabian Guénolé (F. G.) : Nombre de vos travaux ont
porté sur la psychothérapie psychanalytique d’enfants atteints
d’autisme et sur des applications thérapeutiques de l’observation
clinique des bébés et petits enfants par la méthode conçue par
Esther Bick. Vous avez aussi dirigé des travaux sur la notion de
parentalité, qui ont été importants dans le domaine de la
psychiatrie et plus globalement de la santé mentale. C’est à ce
titre que le comité de rédaction des Cahiers de l’enfance et de
l’adolescence a souhaité organiser notre entretien d’aujourd’hui,
pour bénéficier de votre expérience et de l’évolution de votre
réflexion sur le sujet. Mais d’abord, quelle est l’origine de votre
intérêt pour cette notion de parentalité ?Didier Houzel
(D. H.) : C’est vraiment une notion intrinsèquement liée
à la pédopsychiatrie : quand on a affaire à un enfant en
souffrance, on a forcément affaire à ses parents. On pourrait
reprendre la fameuse phrase de Winnicott : « un bébé
seul, ça n’existe pas » – on cite rarement la
suite : « Un bébé n’existe jamais sans sa mère »
(Winnicott, 1969). C’est la même chose pour un enfant qui a
toujours des parents, parents biologiques ou substitutifs, mais qui
a toujours des parents qui l’accompagnent, des adultes qui en sont
responsables et avec lesquels on est amené à travailler. C’est
d’ailleurs un chapitre extrêmement important de notre discipline,
compliqué mais indispensable. Tout naturellement, j’ai été amené à
travailler d’abord sur l’accompagnement des parents, quand on suit
un enfant en psychothérapie ou quand on le confie à un
psychothérapeute… -
Pages 55 à 74 | Devenir mère : le poids des représentations autour de la
naissance
| Maurane Margraff
La grossesse, l’accouchement et le
post-partum, passages universels et profondément singuliers,
s’inscrivent dans des contextes culturels, sociaux et médicaux qui
façonnent la manière dont chaque femme vit cette transition vers la
parentalité. Représentations culturelles héritées, normes
biomédicales hospitalo-centrées et injonctions contemporaines
portées par les médias et le marché périnatal constituent autant de
cadres normatifs. Leur coexistence, parfois difficile, peut
impliquer des tensions dans le vécu subjectif des femmes et la
construction du lien mère-enfant. Au moment de devenir mère, ces
représentations, lorsqu’elles entrent en tension avec l’expérience
réelle, peuvent engendrer dépossession, sentiment d’échec ou
désaffiliation symbolique, en particulier chez les femmes en
situation migratoire. Face à cette pluralité normative, une
approche périnatale transculturelle et non culpabilisante, dans
laquelle le soin devient un espace de reconnaissance de la
subjectivité des femmes et de réconciliation entre l’imaginaire et
le vécu, semble devoir s’imposer. -
Pages 75 à 83 | Traumatisme maternel après une interruption médicale de
grossesse : symptômes chez l’enfant suivant
| Élisabeth Chaillou
Lorsqu’un antécédent d’interruption
médicale de grossesse (img)
est présent, le risque de troubles psychiques périnataux est majoré
pour les parents et le bébé suivant. Repérer et soigner la menace
de la dissociation liée au traumatisme est particulièrement
difficile lorsque le parent est envahi par le sentiment de
culpabilité. La souffrance du bébé devient la préoccupation
centrale chez le parent, au risque d’une absence de prise en compte
de sa propre souffrance. Lors du début du soin psychothérapeutique
de la mère ici relaté, les symptômes de l’enfant né après une
img sont au premier plan.
Comment permettre l’accès aux soins psy-chiques lorsqu’une mère, en
période périnatale, traverse un épisode traumatique et ne demande
pas de soins pour elle-même ? -
Pages 85 à 96 | Le bébé : naissance, couple parental et réactivation des
enjeux œdipiens
| Elise Gourbin Riley
L’arrivée d’un bébé constitue un
remaniement psychique majeur au niveau individuel et conjugal. À
partir d’une perspective psychanalytique, cet article explore
comment la parentalité réactive des enjeux œdipiens précoces, met à
l’épreuve les systèmes projectifs du couple et exige une
reconfiguration du lien conjugal face à l’introduction d’un tiers
réel. À travers des vignettes cliniques, il montre comment les
difficultés parentales et infantiles peuvent être comprises comme
l’expression de conflits non élaborés au sein du couple. L’article
met en lumière l’apport spécifique de la psychothérapie
psychanalytique dans l’accompagnement des parents et futurs
parents. -
Pages 97 à 107 | Des imagos parentales au statut d’aidant familial
| Khaira Bellahouel, Anne Perret
Nous avons tenté de poser les bases
d’une revue historique, à partir des années 1950, sur
l’approche des parents dans la pratique clinique des enfants et des
adolescents, afin de soutenir l’importance, dans la clinique
contemporaine dont la dimension archaïque est de plus en plus
présente, du travail indispensable avec les parents. L’évolution,
qui va des imagos parentales au statut d’aidant familial, nécessite
de continuer à entendre les enjeux psychiques inconscients, qu’ils
soient actuels ou transgénérationnels, et d’approfondir les
pratiques. -
Pages 109 à 119 | Quand le diagnostic en psychiatrie fait peser un doute sur les
capacités parentales
| Hélène Davtian, Jennifer Borsellino, Éliane Collombet, Olivier Sabbagh
Si la question de la parentalité dans
les situations des troubles mentaux sévères est restée longtemps un
impensé, c’est parce qu’elle est à l’interstice de différents
champs. Basée sur l’échange entre des sources de connaissance
variées, la communauté de pratiques Étincelles&Co constitue un
espace pour développer une approche holistique et mieux comprendre
comment l’expérience parentale peut être impactée par l’expérience
des troubles psychotiques, comment la question de la transmission
peut être abordée sans la réduire à une forme de fatalité, et
comment réinjecter de la temporalité permet d’être attentif aux
besoins de l’enfant en développement. -
Pages 121 à 132 | Parentalité et militarité : des points de recoupement ?
| A. Martin, C. Breton, Charles Gheorghiev
Ce travail explore les parallèles entre
l’engagement militaire et celui de la parentalité, ces deux
modalités d’engagement se dessinant toutes deux selon la
perspective du don et du sacrifice, du moins symbolique. L’armée
peut trouver par de nombreux aspects une portée familiale, du moins
dans son acception la plus traditionnelle ; elle est en effet
structurée autour de la figure du chef militaire, dépositaire d’une
fonction paternelle en tant que garant de l’ordre et de la
stabilité du système, et des liens fraternels qui traversent et
unissent la troupe de part en part, pour en faire des frères
d’armes, soudés par le partage d’épreuves communes. Mais appartenir
à cette famille militaire n’est pas sans coût ni conséquence,
notamment quand le réel de la guerre s’impose et que la blessure,
physique ou psychique, s’installe, en venant bousculer un équilibre
parfois précaire. Devenir parent, comme devenir militaire, engage
quelque chose de l’ordre d’une mutation subjective, un passage du
je au nous, volontiers difficile à appréhender puis à concilier.
L’institution militaire, consciente des défis à relever pour de
nombreux parents, vise, par diverses mesures, en particulier depuis
le Plan Famille de 2018, à aider les familles à faire face aux
enjeux de leur vie militaire comme familiale. Ce soutien
institutionnel prend tout son sens lorsque la blessure vient faire
vaciller le militaire, et avec lui sa famille, en offrant un
soutien à la parentalité par l’accès à la qualité de pupille de la
Nation. Si la protection octroyée par ce dispositif est
incontestable, il n’est pas sans effet sur la dynamique familiale
et les places respectives de chacun de ses membres. -
Pages 133 à 141 | Santé mentale, un socialwashing de la protection de
l’enfance. Qu’est-ce que la psychanalyse peut apporter à une
politique sociale ?
| Michael Ingerflom
En avril 2025, un rapport d’enquête sur
les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance
révèle la crise grave que traverse le secteur. Cet article analyse
le choix politique de réorganiser la protection de l’enfance à
partir du référentiel de la santé mentale. Le concept de
« santé mentale », grande cause nationale 2025, a pour
fonction d’instituer un champ où s’organisent des savoirs ainsi que
des pratiques, et se fédèrent des acteurs aux missions très
hétérogènes. En orientant de la sorte les politiques publiques,
quelle est cette nouvelle lecture du social et de l’enfant placé en
protection ? -
Pages 143 à 159 | Art-thérapie à l’adolescence : du trouble somato-forme à la
mise en forme du trouble
| Aminata Koumare Tembely, Jeanne Valois, Benoist Fauville, Sylviane Michaud, Claire Massonnat, Catherine Breynaert
Cet article analyse l’usage de
l’art-thérapie dans la gestion des troubles somato-formes chez les
adolescents, dans le contexte post-covid-19. Il explore la transformation
des symptômes physiques sans causes objectivées en productions
artistiques, soulignant le rôle crucial de la thérapie de groupe
dans la sublimation de certains troubles. Cette approche innovante
est présentée comme un moyen efficace d’améliorer la qualité de vie
des adolescents affectés par ces troubles psychosomatiques. -
Pages 161 à 165 | Existe-t-il un matriarcat ?
| Irina Kalchevska-Zarkova
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes hommes
viennent me consulter dans mon cabinet de psychanalyste ; ils
se plaignent de leurs épouses, et surtout du pouvoir qu’elles
exercent sur eux. Ils formulent l’idée que les familles en Bulgarie
se forment selon une structure matriarcale et que l’homme est
soumis aux exigences et à l’ordre imposés par son épouse. S’agit-il
réellement d’un matriarcat ? Dans cet article l’autrice, en
partant de la structure familiale et de la position de la femme
dans les sociétés dites « primitives », analyse la
position de la femme devenue mère dans la société bulgare actuelle.
Elle décrit le rôle important joué par l’Église orthodoxe et par le
système politico-idéologique sur la formation des représentations
sociales, et sur la névrose des jeunes hommes. -
Pages 167 à 182 | Le non-désir d’enfant : enjeux cliniques et éthiques
contemporains
| Sylvie Bourdet-Loubère
Le non-désir d’enfant constitue un
phénomène clinique contemporain à la croisée de transformations
sociales, de conflictualités psychiques et de mutations des
représentations de la maternité. Ce texte propose une lecture
clinique et psychanalytique du refus de maternité, à partir de
l’exploration du désir d’enfant et de ses paradoxes, et de
l’analyse des demandes de stérilisation volontaire. L’objectif est
de mettre en lumière les enjeux subjectifs, défensifs,
identificatoires et symboliques à l’œuvre dans ces trajectoires
féminines. En articulant réflexions cliniques et théoriques,
l’article interroge la manière dont le choix de ne pas enfanter
peut devenir un acte de subjectivation, tout en soulevant des
tensions éthiques dans les pratiques médicales actuelles. -
Pages 183 à 187 | Inceste frère-sœur
| Marie Terral-Vidal
Travaillant sur les trois complexes
familiaux dégagés par Lacan en 1938, l’auteure propose une
théorie des particularités de l’inceste « frère-sœur » en
tenant compte des défaillances des processus de séparation et
d’individuation. -
Pages 189 à 193 | Les Cahiers dans les salles obscures
| Caroline Mehallel
Qu’est-ce qu’être un père dans l’œuvre de Marcel Pagnol ?La
récurrence de certains thèmes dans l’œuvre littéraire et
cinématographique de Marcel Pagnol tisse une cohérence narrative
qui n’échappe pas à l’œil du lecteur ou du spectateur attentif.
Nous pouvons en effet identifier la préoccupation centrale de ce
dramaturge, scénariste et producteur, autour de la problématique de
l’enfant naturel, né hors mariage. Cet illustre auteur populaire,
qui n’a eu de cesse d’évoquer la Provence, ses paysages de
garrigue, ses places de village et ses bistrots, a su parler de la
famille, et plus précisément de la paternité, dans un ancrage
régional avec une culture, un mode de vie et un caractère
typiquement méridional.
« La trilogie marseillaise » est l’appellation générique
donnée à titre posthume aux trois pièces de théâtre de Marcel
Pagnol, adaptées au cinéma par l’auteur lui-même, et qui forment un
ensemble homogène. Les trois films Marius (1931), Fanny (1932) et
César (1936) abordent le problème universel de la jeune fille
séduite puis délaissée par un jeune homme inconséquent.
Fanny, jeune marchande de coquillages sur le Vieux-Port de
Marseille, aime Marius qui tient le « Bar de la Marine »
avec son père César, incarné par le magique acteur Raimu. Mais
Marius s’ennuie et rêve de s’engager dans la marine marchande. En
dépit de son attirance pour Fanny, Marius embarque pour quelques
années comme marin sur le bateau La Malaisie, et quitte son amante
sans savoir que celle-ci attend un enfant de lui… -
Pages 195 à 202 | Cabinet de lectures
| Fabienne Foignet-Pohren
« Pour une société partenaire des parents. Pour nos enfants
et adolescents : soutenir la parentalité », Rapport
sollicité par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités
et des Familles, remis le 30 décembre 2024, publication
dgcs/Dicom des ministères sociaux, janvier 2025.
La commision était présidée par Hélène Roques et Serge Hefez.
Hélène Roques est une dirigeante française engagée dans la
responsabilité sociétale des entreprises (rse) et la transformation
durable. Ancienne directrice du développement durable du groupe
Accor, elle a ensuite fondé Doing Good Doing Well, une structure
dédiée à la croissance responsable et à la prévention en santé
publique. Elle dirige également « Notre avenir à tous »,
initiative œuvrant pour une société plus juste et durable. Elle
contribue à cette commission nationale sur la parentalité en
cherchant à apporter une vision humaniste et innovante des
politiques sociales. Serge Hefez est psychiatre et psychanalyste.
Il exerce à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (ap-hp), dans
le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de la
Pitié-Salpêtrière à Paris. Il y dirige l’unité de thérapie
familiale, et s’intéresse à des thématiques variées telles que les
familles, les couples, la transidentité, la question du genre, la
toxicomanie. Son travail croise psychologie clinique, psychanalyse,
et sociologie : il aborde non seulement l’individu mais aussi
sa place dans la famille, le couple, et la société.
Son approche inclusive des évolutions sociétales est remarquée
aujourd’hui, en lien avec les questions de genre, de transitions,
de familles dites « nouvelles », qui sont encore
difficiles à penser… -
Pages 203 à 205 | Guillaume Bronsard et Nathalie Bruneau, La santé mentale des
enfants placés : connaître, comprendre, soigner, Toulouse,
érès, 2025.
| Valérie Martinez
Guillaume Bronsard, psychiatre pour enfants et adolescents et
chef de service au chu de Brest, est spécialisé dans la santé
mentale des enfants et adolescents, notamment ceux confiés à la
protection de l’enfance. Il a participé à l’ouverture de la maison
Madéo, dispositif d’hébergement et de soins pour enfants et
adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance du Finistère, et
présentant des troubles sévères du comportement. Nathalie Bruneau
est psychologue au sein du dispositif de soin dédié au trauma
complexe (u2pr) à Brest.
Dans leur ouvrage, ils dressent un constat aussi lucide
qu’accablant : la collaboration entre les multiples
institutions impliquées dans la prise en charge des enfants confiés
en assistance éducative demeure profondément défaillante. Ils
dénoncent un enchevêtrement de carences structurelles :
pénurie dramatique de lieux d’hébergement, engorgement chronique
des services de pédopsychiatrie, de l’Aide sociale à l’enfance, des
établissements médico-éducatifs et de la Protection judiciaire de
la jeunesse. Face aux enfants les plus en
souffrance – ceux que l’on désigne, avec une brutalité
révélatrice, comme les « incasables » –, les
institutions, débordées, tendent à rejeter hors de leur périmètre
ce qui leur semble insoutenable, le renvoyant à d’autres structures
tout aussi saturées.
Les auteurs plaident avec force pour une approche solidaire et
concertée : penser l’accueil à plusieurs voix, élargir les
capacités d’hébergement de chaque acteur, mais aussi renforcer la
formation des professionnels sur les enjeux de santé mentale
propres aux enfants confiés, ce à quoi leur ouvrage contribue… -
Pages 217 à 219 | Appel à contributions
La santé mentale a été érigée comme grande cause nationale
en 2025, reconduite en 2026, avec des actions visant à
améliorer l’accès aux soins et à parler plus librement des troubles
mentaux. Depuis, cela a donné lieu à plusieurs amendements proposés
au Sénat, s’inscrivant dans une dynamique sociétale d’attaque de la
pluralité des approches pour les soins psychiques, la psychanalyse
balayée au profit des diagnostics et des traitements médicamenteux,
l’État venant asseoir une autorité légitimant des mouvements
d’attaque de la pensée ayant cours depuis de nombreuses années
déjà.
Ces propositions d’amendements ont vu des mouvements collectifs
œuvrer contre le démantèlement de la psychiatrie publique, mais
plus globalement, ont libéré, médiatisé une prise de parole
collective sur ces enjeux que les structures de soins psychiques
subissent déjà depuis longtemps.
L’amendement n° 159 déposé au Sénat (« Les soins, actes
et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des
fondements psychanalytiques ne donneront plus lieu à remboursement
par l’assurance maladie ») a été débouté en l’état en novembre
2025, uniquement dans la mesure où il aurait été impossible pour
les agences régionales de santé (ars) de répertorier les
professionnels se basant sur ces fondements théoriques. Il est
prévu qu’une nouvelle proposition soit faite par la sénatrice
Guidez.
Le 3 décembre 2025, la revue L’évolution psychiatrique
organisait un forum en webinaire qui donnait la parole à de
nombreux professionnels pour informer, diffuser, aider à comprendre
les enjeux d… -
Pages 221 à 221 | Recommandations aux auteurs d’articles pour la revue Cahiers de
l’enfance et de l’adolescence
Envoyer l’article en fichier Word (pas de pdf) au responsable de
la revue Olivier Douville à l’adresse courriel
suivante :douville.olivier@yahoo.fr
Chaque article doit être minutieusement relu au niveau de la
syntaxe et de l’orthographe, il appartient au directeur de la
publication de renvoyer son texte à l’auteur s’il n’est pas
correctement rédigé.
La relecture de l’article soumis de façon anonyme à expertise sera
effectuée par des membres du comité de rédaction et de lecture.
Compte tenu des avis exprimés, le directeur de publication
tranchera entre quatre options :
Accepté en l’état.
Accepté avec des révisions mineures.
Accepté avec des révisions majeures.
Refus.
Pour les options 2 et 3, l’auteur enverra une nouvelle mouture,
précisant en quoi il s’est aidé des recommandations des
lecteurs.
Pour la transmission des informations concernant la publication de
l’article par l’éditeur de la revue, érès, écrire à la même adresse
courriel.
+ Normes de l’article : en police 12, interligne
simple ; l’article pourra comporter entre 12 000 et
25 000 signes (espaces comprises).
+ La bibliographie sera indiquée aux normes internationales suivant
les exemples ci-dessous :
Balandier, G. 1969. Anthropologie politique, Paris, Puf.
Beaud, M. 1991. « Travail et société », Revue économique,
2, p. 155-172.
Livoir-Petersen, M.-F. 2008. « Quand le partage émotionnel ne
peut faciliter le développement du bébé », dans P. Delion
(sous la direction de)… -
Pages 223 à 223 | Pages de fin
Lire la SuiteTravail social (all) | Cairn.info
