Un décret du 13 octobre 2026 transforme le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR), créé il y a vingt ans, en une délégation interministérielle élargie, désormais dénommée « VigiRep ». Cette nouvelle structure est présentée comme la cheville ouvrière de la politique de prévention de la délinquance, avec un périmètre étendu à la vigilance et à la lutte contre les dérives sectaires, en plus de la prévention de la radicalisation ajoutée en 2016 dans le contexte des attentats.
Le délégué interministériel est chargé d’élaborer, coordonner et animer les politiques publiques de prévention de la délinquance, de la radicalisation, ainsi que de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, en veillant à la cohérence d’ensemble. Ces politiques doivent être mises en œuvre « au plus près des territoires ». Pour la prévention de la délinquance, les grandes orientations sont fixées dans une stratégie nationale 2026-2030, présentée le 24 avril 2026 à Brest par la ministre Marie-Pierre Vedrenne, puis déclinées dans des plans locaux et départementaux en lien avec les maires et les responsables des conseils locaux ou intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance.
En matière de prévention de la radicalisation, VigiRep coordonne l’action des ministères et des acteurs territoriaux impliqués au sein des cellules de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF). Le décret précise que le ministère de l’Intérieur assure le soutien de la gestion administrative et budgétaire de VigiRep et de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), désormais rattachée à cette délégation.
La création de VigiRep s’accompagne d’une réorganisation de la Miviludes, dont les missions sont actualisées par un second décret publié le même jour, afin de tenir compte de la loi du 10 mai 2024 sur les dérives sectaires. La Miviludes est désormais chargée d’observer non seulement les mouvements sectaires classiques mais aussi les nouvelles formes qu’ils peuvent prendre, en lien notamment avec la création d’un délit de provocation à l’abandon de soins prévue par la loi de 2024. Dans ce cadre, la Miviludes a récemment publié un guide « Santé et dérives sectaires » ciblant les « pseudo-thérapeutes » et signalant les risques de dérives thérapeutiques à caractère sectaire. Ces évolutions renforcent l’articulation entre politiques de sécurité, de santé et de protection des usagers face aux dérives sectaires, en particulier dans le champ des pratiques de soins. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
