Parcoursup : révélateur d’inégalités territoriales de l’orientation

Depuis le début du mouvement lycéen du 18 septembre 2026, la plateforme Parcoursup fait l’objet de critiques récurrentes de la part d’une partie des lycéens, qui réclament sa fin ou son abrogation. Les griefs portent principalement sur un manque de transparence, un sentiment d’arbitraire dans les décisions, l’inquiétude liée à l’insuffisance de places dans certaines filières et la situation de plus de 100 000 jeunes restés « sans affectation » à l’issue de la phase principale d’admission 2026.

Le 14 octobre 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, interrogé sur BFMTV, a reconnu le caractère « légitime » de ces préoccupations, tout en excluant la suppression de Parcoursup. Il a annoncé des « aménagements » à venir d’ici la fin du mois, conformément à une demande du Premier ministre, sans en préciser le contenu à ce stade. Le 13 octobre 2026, devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a défendu la plateforme en contestant l’accusation de « tri social ». Il a mis en avant qu’environ 150 000 étudiants boursiers auraient accédé, depuis 2018, à des formations auxquelles ils n’auraient pas eu accès sous l’ancien système Admission Post-Bac (APB) fondé notamment sur le tirage au sort, et indiqué une hausse du nombre de bacheliers franciliens intégrant des formations à Paris.

Ces prises de position ministérielles doivent être replacées dans le contexte des conclusions d’une mission flash parlementaire sur Parcoursup, publiée en février 2026 par les députés Pierrick Courbon et Frantz Gumbs. S’appuyant sur environ 1 600 contributions issues d’une consultation citoyenne auprès de lycéens et de parents d’élèves, la mission met en évidence une forte hétérogénéité des situations, en particulier en matière d’éducation à l’orientation. Elle qualifie Parcoursup de « réussite sur le plan technique », mais d’« échec sur le plan politique ». Selon ses rapporteurs, les objectifs de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur et d’amélioration de la réussite étudiante restent largement inaboutis : la plateforme tend à reproduire des inégalités socioculturelles préexistantes plutôt qu’à les corriger et peut contribuer à les renforcer. La mission rappelle notamment que seuls 40,3 % des bacheliers 2020 ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans, en baisse de 5,4 points par rapport à une cohorte antérieure, ce qui interroge l’efficacité globale du dispositif en termes de réussite étudiante. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite

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