Une équipe de l’Inserm, de Sorbonne Université et de plusieurs hôpitaux français a publié en octobre 2026, dans The Lancet Regional Health – Europe, une analyse du continuum de soins du VIH chez les femmes transgenres suivies en France sur près de 30 ans. L’étude s’appuie sur des données longitudinales de la cohorte hospitalière ANRS CO4-FHDH et porte sur 801 femmes transgenres vivant avec le VIH prises en charge entre 1997 et 2023.
Cette population est identifiée comme une population clé dans l’épidémie mondiale de VIH, avec une prévalence estimée à 20 % dans le monde et 7 % en Europe. Les autrices et auteurs soulignent que, jusqu’à présent, la plupart des travaux disponibles étaient des études transversales, majoritairement nord-américaines, et qu’en Europe seule une étude longitudinale avait été conduite, sans analyse détaillée des délais et des déterminants associés à l’initiation des traitements antirétroviraux.
L’apport principal de ce travail est l’examen des délais entre les différentes étapes du parcours de soins : diagnostic, entrée dans le soin, mise sous traitement antirétroviral et obtention d’une charge virale indétectable (suppression virale). Les données montrent une amélioration de la prise en charge au fil du temps, en particulier une réduction importante du délai d’initiation du traitement antirétroviral, passé d’environ 4 mois en 1997‑2004 à environ 15 jours en 2013‑2023. Les chercheuses et chercheurs l’associent vraisemblablement à la mise en place, à partir de 2013, de la politique de « traitement universel » du VIH.
Malgré ces progrès, l’étude met en évidence des disparités dans le parcours de soins en fonction de l’origine géographique des femmes transgenres, sans que le détail de ces écarts ne soit précisé dans la source. Ces résultats, financés par l’ANRS MIE et l’Inserm, constituent la première analyse exhaustive en Europe des délais entre les étapes clés du parcours de soins du VIH chez les femmes transgenres et soulignent l’existence d’inégalités liées à l’origine au sein de cette population à forte prévalence de VIH. Ces éléments sont susceptibles d’éclairer le suivi des politiques publiques françaises en matière de prévention, d’accès au soin et de réduction des inégalités dans la prise en charge du VIH pour les populations transgenres. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
