Le Premier ministre a confié à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’Inspection générale des finances (IGF) une mission d’examen du temps de travail des médecins exerçant en libéral et à l’hôpital. Cette mission vise à rassembler les données disponibles, analyser l’évolution du temps de travail médical, identifier les leviers d’optimisation et examiner l’organisation et la gestion du temps de travail dans les hôpitaux publics.
Le rapport souligne en premier lieu un déficit de connaissance sur le temps de travail réel des médecins. Les données existantes permettent de suivre les effectifs et l’activité, mais ne fournissent pas de mesure consolidée du temps de travail prenant en compte l’ensemble des activités et des modes d’exercice (libéral, salarié, ou mixte). Cette lacune limite la capacité à apprécier précisément le « temps médical » réellement disponible et à adapter en conséquence l’organisation de l’offre de soins.
Les enquêtes disponibles mettent en évidence une baisse des heures de travail déclarées au cours des dernières années, particulièrement marquée chez les médecins libéraux. L’analyse par la mission des données de l’Assurance maladie montre qu’entre 2021 et 2025, le nombre de jours travaillés en exercice libéral a diminué de 3 % à 8 % selon les spécialités étudiées. Cette réduction du nombre de jours travaillés ne se traduit toutefois pas automatiquement par une baisse équivalente de l’offre de soins, dans la mesure où la charge de travail tend simultanément à s’intensifier et à se concentrer sur un nombre plus limité de jours.
Dans les hôpitaux publics, le rapport constate que la gestion du temps de travail médical reste peu structurée et que la réglementation n’est pas appliquée de manière systématique. Parallèlement, les établissements recourent de plus en plus à des dispositifs de compensation des déficits de temps médical, notamment les heures supplémentaires et l’intérim médical. La mission insiste sur la nécessité d’améliorer l’organisation et le pilotage des ressources médicales, tant au niveau de chaque hôpital qu’à l’échelle régionale.
Les propositions formulées s’articulent autour de trois axes principaux : améliorer la connaissance du temps de travail des médecins par un meilleur usage et une consolidation des données ; renforcer la planification et la gestion des ressources médicales, en particulier dans les hôpitaux publics et au niveau régional ; évaluer et développer des organisations, des formes de coopération professionnelle et des outils numériques susceptibles d’augmenter le temps clinique effectivement consacré aux patients. Le rapport met en avant ces orientations comme leviers potentiels d’optimisation du temps médical, tout en soulignant les limites actuelles de la connaissance statistique et de la mise en œuvre des règles existantes. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
