Les missions locales feront face en 2027 à une nouvelle baisse globale de leur budget et à une évolution profonde des modalités de répartition de leurs crédits, dans le cadre de la convention pluriannuelle d’objectifs 2026-2028 élaborée depuis 2023. Une phase transitoire a déjà été engagée en 2024 avec des modes de calcul temporaires, mais les règles définitives, applicables mission locale par mission locale à partir de 2025, sont désormais précisées.
Le nouveau modèle de financement repose sur trois catégories d’indicateurs : le contexte territorial, l’activité et la performance. Le poids de la performance dans la répartition des dotations doit passer de 10 % à 15 % à l’horizon 2028. Ce dispositif se substitue au schéma antérieur de financement par dispositif, centré sur le Pacea (parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie) et le contrat d’engagement jeune (CEJ).
Plusieurs difficultés sont signalées par le réseau des missions locales. Lors d’échanges jugés vifs fin septembre entre les missions locales et le délégué à l’emploi et à la formation professionnelle, Benjamin Maurice, des responsables ont contesté les paramètres de contexte retenus. Un président de mission locale en région lyonnaise a notamment souligné que ni le nombre de jeunes en milieu rural ni celui des jeunes résidant en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ne sont systématiquement pris en compte, ces données apparaissant comme optionnelles dans la répartition des dotations.
La dimension « performance » suscite également des réserves. Trois objectifs serviront à l’évaluation : les entrées en emploi durable (plus de six mois) à la suite d’un CEJ, l’accès à l’emploi après un parcours Pacea (ces deux objectifs représentant 60 % de la note de performance) et les placements en périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP), pour 40 %. Cette approche, portée par le ministère du Travail, est contestée par la tête de réseau des missions locales, qui estime qu’elle rend imparfaitement compte de leur mission globale d’accompagnement (emploi-formation, mais aussi logement, santé, mobilité, ressources, accès aux droits, autonomie). Certains économistes la jugent également simplificatrice.
L’Union nationale des missions locales (UNML) demande une révision des indicateurs de performance afin de mieux valoriser l’ensemble du parcours du jeune et de privilégier des dimensions sur lesquelles les missions locales disposent réellement de leviers. Elle souligne que les résultats en matière d’accès à l’emploi dépendent fortement de la conjoncture et de la disponibilité de solutions mobilisables localement, y compris pour les immersions professionnelles (PMSMP), pourtant reconnues comme outils efficaces mais tributaires de l’engagement des employeurs. Ces éléments témoignent d’un risque de décalage entre les critères de performance retenus et les conditions effectives d’intervention des missions locales sur les territoires.(contenu résumé par l’IA) Lire la Suite
