L’exposition pendant la grossesse à certains phtalates et phénols pourrait être associée à une diminution du QI des enfants à 3 ans

Une équipe de recherche de l’Inserm à l’université Grenoble-Alpes, en collaboration avec le CNRS, le CHU de Grenoble et l’université de Grenade (Espagne), a publié dans la revue Environmental Health Perspectives des résultats sur les effets potentiels de l’exposition périnatale aux phtalates et aux phénols sur le développement cognitif des enfants. L’étude porte sur une cohorte de 380 femmes enceintes et leurs enfants, suivis jusqu’aux 3 ans de l’enfant.

Les chercheurs ont mesuré, à partir de prélèvements d’urine répétés pendant la grossesse et la période périnatale, des marqueurs d’exposition à 26 phtalates et phénols, incluant notamment des bisphénols et des parabènes. Ce protocole de prélèvements répétés constitue un progrès méthodologique par rapport à des études antérieures reposant généralement sur un seul prélèvement par femme, et permet une estimation plus précise de l’exposition à ces substances dont les concentrations biologiques varient rapidement.

Les phtalates et phénols étudiés sont largement présents dans l’environnement, l’alimentation et les objets de consommation, et sont détectés chez la quasi-totalité de la population. Plusieurs d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés, susceptibles d’altérer le système hormonal. L’étude se concentre sur l’effet de ces expositions durant la grossesse, en particulier au troisième trimestre, sur le quotient intellectuel (QI) des enfants.

Le QI des enfants a été évalué à l’âge de 3 ans par un neuropsychologue à l’aide d’un test standardisé. En intégrant les données de la cohorte et une modélisation s’appuyant sur les connaissances antérieures, les chercheurs observent des associations entre l’exposition à certains phtalates et à un bisphénol au troisième trimestre de grossesse et les scores de QI des enfants à 3 ans. Parallèlement, l’équipe a recueilli des informations sur d’autres facteurs susceptibles d’influer sur le QI de l’enfant, afin de mieux isoler l’effet potentiel des expositions chimiques.

Ces travaux confirment l’importance de la caractérisation des effets des polluants chimiques, et en particulier des perturbateurs endocriniens, comme enjeu de santé publique, compte tenu de leur présence diffuse dans l’environnement et de l’exposition quotidienne de la population générale. Ils apportent de nouvelles données sur les liens possibles entre expositions périnatales à certaines substances chimiques et développement cognitif précoce, tout en restant limités à des associations observées dans une cohorte de taille modérée et à un âge d’évaluation fixé à 3 ans. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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