La conférence européenne « Digital Sustainability Skills Conference », organisée dans le cadre du projet Digital4Sustainability, s’est tenue à Bruxelles le 30 septembre 2026. Elle a réuni des décideurs publics, des entreprises, des organismes de formation et des chercheurs autour des enjeux de compétences liés à la double transition numérique et écologique en Europe. Les participants ont convergé sur le constat que les compétences numériques et les compétences vertes ne peuvent plus être traitées comme deux agendas distincts. Il apparaît un besoin croissant de compétences hybrides, combinant numérique, durabilité, compétences métiers, compétences transversales et aptitudes business, dans de nombreux métiers et secteurs.
Les échanges ont mis en évidence que les pénuries de compétences deviennent un frein majeur à la transformation des entreprises européennes, dans un contexte où celles-ci doivent simultanément se numériser, se décarboner et s’adapter à de nouvelles contraintes réglementaires et de marché. La part des entreprises européennes déclarant le manque de personnel qualifié comme un obstacle à l’investissement est passée de 62 % à 77 % en moins de dix ans. Ces pénuries ne sont plus perçues comme un simple problème de marché du travail, mais comme un frein à l’investissement, à l’innovation et à la transformation économique.
Parallèlement, la participation à la formation reste insuffisante. Selon des données présentées lors de la conférence, quatre actifs européens sur cinq ne parviennent pas à trouver une offre de formation adaptée ou les informations nécessaires sur cette offre. Ce constat suggère un problème qui dépasse la seule question de l’offre de formation et renvoie à la nécessité de rendre les opportunités d’apprentissage plus faciles à identifier, plus pertinentes au regard des besoins des individus et plus attractives.
Du point de vue du Cedefop, l’enjeu est double : répondre à court terme aux pénuries immédiates et aux nouvelles exigences de compétences, tout en investissant dans le développement de professionnels expérimentés et dans le renforcement durable des systèmes de compétences. Cette approche est décrite comme une combinaison de « sprint » (réponse rapide) et de « marathon » (construction de long terme) en matière de politiques de compétences. La fragilité du vivier futur de talents est soulignée par des données de rétention faibles dans les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques), où seuls environ 50 % des apprenants vont au bout de leur formation, alors même que ces domaines sont cruciaux pour la double transition.
Les travaux de la conférence insistent sur la nécessité de relier l’ensemble de la chaîne de la politique de compétences : production d’intelligence sur les besoins en compétences, définition des profils éducatifs, élaboration des curricula, conception des programmes d’apprentissage, phases de test (pilotes), dispositifs de reconnaissance des acquis et passage à l’échelle des solutions efficaces. Des outils comme les micro-certifications et d’autres formats d’apprentissage flexibles sont identifiés comme des leviers pour permettre aux individus de capitaliser sur leurs compétences existantes et de les faire évoluer progressivement dans la durée. Ces éléments offrent un cadre de référence utile pour le suivi et la comparaison internationales des politiques de formation et d’emploi, notamment en ce qui concerne l’adaptation des systèmes de compétences aux transitions numérique et environnementale. (contenu résumé par l’IA) Lire la Suite
