Femmes trans vivant avec le VIH: la cascade de soins a rattrapé les objectifs 95-95-95

La cohorte hospitalière française FHDH (French Hospital Database on HIV, ANRS CO4) a analysé l’évolution de la prise en charge des femmes trans vivant avec le VIH en France entre 1997 et 2023, afin d’évaluer dans quelle mesure elles ont bénéficié des innovations thérapeutiques sur cette période. Sur 160 927 personnes incluses dans la cohorte, 1 781 (1,1 %) ont été identifiées comme femmes trans ; après application de critères cliniques (personnes naïves de traitement à l’inclusion, données disponibles sur les CD4, la charge virale initiale et au moins trois mesures de charge virale), 801 femmes trans ont été retenues pour l’étude.

Les résultats montrent une amélioration importante de la rapidité d’accès au traitement antirétroviral : le délai entre l’entrée en soins et le début du traitement est passé d’environ quatre mois en début de période à quinze jours en 2023. Parallèlement, la proportion de femmes trans suivies et traitées ayant une charge virale contrôlée atteint 95,5 % en 2023, ce qui indique une efficacité élevée du traitement chez les personnes restant en suivi.

L’étude met toutefois en évidence des limites importantes dans la continuité des soins et l’égalité d’accès. Environ un quart des femmes trans incluses ont été perdues de vue au cours du suivi. Par ailleurs, les femmes trans nées à l’étranger initient leur traitement un peu plus tard que les autres, ce qui suggère des disparités d’accès ou de recours aux soins au sein de cette population. Ces éléments sont susceptibles d’avoir des implications en termes d’organisation des parcours de soins, de lutte contre les inégalités de santé et d’adaptation des dispositifs de prévention et de suivi.

Les auteurs signalent également des contraintes méthodologiques liées à l’identification des femmes trans dans les données médicales. La notion de transidentité n’a été introduite dans la FHDH qu’en 2013. Pour les années antérieures, l’identification a reposé sur les informations figurant dans les dossiers médicaux (mention explicite de transidentité ou traitements de transition), ce qui peut affecter l’exhaustivité et la précision du repérage. Ces limites doivent être prises en compte dans l’interprétation des résultats pour le suivi des politiques de santé et de lutte contre le VIH ciblant les femmes trans. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite​

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