Discriminés dans l’emploi, les habitants des quartiers prioritaires en appellent à l’État

​Un sondage Ipsos-BVA commandé par la fondation Mozaïk, réalisé en amont de la sixième édition du Sommet de l’inclusion économique organisé le 27 octobre à la Maison de la RATP, met en évidence un fort sentiment de manque d’égalité des chances chez les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), plus exposés au chômage que le reste de la population. Selon cette enquête, 40 % des habitants de QPV déclarent avoir été désavantagés ou discriminés dans l’accès à l’emploi. Les principaux motifs de discrimination perçus sont l’âge (38 %), le niveau de diplôme (24 %) et l’apparence physique (23 %). Entre 10 % et 20 % des répondants évoquent également le genre, le lieu de résidence, la situation de handicap ou l’état de santé, ainsi que l’origine réelle ou supposée, ces critères se cumulant fréquemment dans les QPV.

Les jeunes apparaissent particulièrement concernés : parmi les 25‑34 ans résidant en QPV, 58 % estiment avoir été écartés d’opportunités professionnelles pour des raisons sans lien avec leurs compétences, diplômes ou expériences. Ce ressenti est qualifié de nettement plus répandu parmi les personnes qui se perçoivent en minorité en raison de leur religion, de leur handicap, de leur âge ou de leur situation de chômage.

Sur le plan institutionnel, 60 % des habitants de QPV jugent que les entreprises privées et publiques ne leur accordent pas une attention suffisante. Un rapport récent de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), portant sur les engagements volontaires des entreprises, signale par ailleurs un recul de la prise en compte des discriminations liées à l’origine dans les politiques d’entreprise, alors même que ce motif constitue le deuxième motif de saisine du Défenseur des droits après le handicap. Plus de la moitié des habitants de QPV désignent l’État comme principal acteur attendu pour améliorer l’accès de tous à l’emploi, devant France Travail. Toutefois, l’action de l’État et de France Travail est jugée insuffisante par 60 % des sondés, devant celle des grandes entreprises, des cabinets de recrutement et des collectivités locales, ces dernières étant néanmoins un peu moins critiquées (46 % d’avis négatifs). Les associations agissant pour l’emploi et l’insertion bénéficient d’une évaluation relativement plus favorable, avec une proportion moindre d’opinions défavorables.

Une majorité de répondants souhaite que les résultats en matière d’inclusion soient évalués, contrôlés et puissent donner lieu à des sanctions, 86 % des habitants de QPV se prononçant notamment pour le développement d’outils de mesure des inégalités d’accès à l’emploi. Le Sommet de l’inclusion économique, ouvert par le ministre chargé des PME, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, et auquel plusieurs candidats à l’élection présidentielle doivent assister, constitue le principal cadre de diffusion et de discussion de ces constats.(contenu résumé par l’IA) Lire la Suite

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