La note « Observations et évaluations » n° 10 de juin 2024 analyse les formations, métiers et trajectoires professionnelles associées à la mobilisation du compte personnel de formation (CPF) depuis la réforme issue de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Cette loi a ouvert un accès direct des titulaires du CPF à une offre élargie de formations, sous réserve qu’elles visent une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique (RS), ainsi qu’à certains dispositifs non certifiants (permis de conduire, formation à la création d’entreprise, bilan de compétences). La désintermédiation et l’extension des formations éligibles se traduisent par une hausse très importante du recours au CPF : le nombre d’entrées en formation par ce biais est passé de 383 000 en 2018 à 1,8 million en 2023.
Les analyses de France compétences (série « Analyser pour Réguler », n° 9, 2024) et de la Dares (2023) montrent que les utilisateurs du CPF poursuivent une diversité d’objectifs, mais que la finalité dominante relève de la mobilité professionnelle (reconversion ou transition, promotion, évolution professionnelle). Les bénéficiaires choisissent majoritairement soit des formations préparant à un ou des métiers très différents de leur métier d’origine, soit des formations génériques sans cible métier clairement identifiée. Le choix d’une certification inscrite au RNCP dans un domaine différent de son métier initial, ou d’une certification inscrite au RS dite « obligatoire » (nécessaire pour l’accès à une activité professionnelle) est fortement associé à une démarche de reconversion professionnelle ou de création d’entreprise.
L’exploitation des données par métier met en évidence des spécialisations dans les usages. La mobilisation du CPF pour viser une certification RNCP chez les personnes en emploi concerne fréquemment les métiers d’attachés commerciaux ou de vendeurs. Le recours aux certifications « obligatoires » du RS est surtout observé chez les ouvriers non qualifiés de l’industrie et du bâtiment-travaux publics, ainsi que chez les agriculteurs. Par ailleurs, l’utilisation du CPF pour financer un bilan de compétences s’inscrit elle aussi dans une logique de reconversion, et est plus particulièrement observée parmi les infirmiers, ainsi que parmi les employés des banques et des assurances.
Les principaux acteurs institutionnels mentionnés sont France compétences, qui produit des analyses sur les démarches de mobilité professionnelle des salariés via le CPF, et la Dares (ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion), qui documente notamment les usages du CPF pour les formations obligatoires. Les résultats soulignent l’importance du CPF comme outil individuel de transition et d’orientation professionnelles dans le champ de l’emploi, et apportent des éléments de suivi utiles au pilotage public de l’offre de formation certifiante (RNCP, RS) et des dispositifs connexes (bilan de compétences, formation à la création d’entreprise). Les nuances portent principalement sur la multiplicité des objectifs individuels et la diversité des profils professionnels mobilisant le CPF, qui invitent à une lecture différenciée des usages selon les métiers. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
