Mobilités professionnelles : le coût de la vie et le climat rebattent les cartes de l’attractivité territoriale

​Le baromètre 2026 des mutations professionnelles de Nextories, plateforme française de mise en relation avec des déménageurs, met en évidence un ralentissement de l’“exode urbain” observé après la crise sanitaire de la Covid-19. Les mobilités résidentielles liées à un projet professionnel restent dynamiques mais sont désormais davantage structurées par la hausse du coût de la vie que par l’attractivité de la campagne ou du littoral.

Le classement national des principaux départements d’arrivée fait apparaître une forte attractivité persistante du Sud et du Sud-Est : les cinq premières destinations sont les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde et les Alpes-Maritimes. Paris et les Hauts-de-France sortent du Top 5 des départements d’arrivée. Toutefois, ces dynamiques recouvrent des situations territoriales contrastées : plusieurs départements du Sud figurent à la fois parmi les principaux territoires de destination et parmi les principaux territoires de départ, traduisant des flux croisés importants. À l’inverse, Paris et les Hauts-de-Seine demeurent les deux premiers départements de départ, mais leur poids relatif dans l’ensemble des départs diminue par rapport à 2025.

En 2026, Paris représente 5,76 % des départs pour seulement 2,65 % des arrivées, avec une baisse de sa part dans les départs (7,41 % en 2025) et dans les arrivées (3,69 % en 2025). Dans les Hauts-de-Seine, les départs comptent pour 4,26 % des flux migratoires analysés, contre 2,56 % pour les arrivées. Ces évolutions suggèrent un rééquilibrage progressif des mobilités professionnelles entre l’Île-de-France et d’autres territoires, en particulier du Sud.

Les données d’une enquête Ipsos pour Nextories, publiée en mai 2026, indiquent que la mobilité résidentielle des Français est significativement contrainte par la conjoncture économique. Parmi les personnes ayant un projet de déménagement, 44 % déclarent l’avoir reporté ou annulé au cours des 12 derniers mois en raison du contexte économique. La hausse du coût de la vie est citée comme motif par 58 % des répondants, contre 51 % un an plus tôt, soit une progression de 7 points, et passe devant les difficultés liées au marché immobilier. Nextories observe ainsi un recul du “déménagement choisi” et des arbitrages plus prudents, ce qui peut avoir des implications pour les politiques publiques de logement, d’emploi et d’aménagement du territoire.

L’enquête met également en avant le rôle croissant des considérations climatiques et environnementales dans le choix du lieu de vie. Parmi les répondants, 68 % accordent une grande importance au risque d’inondation, 57 % au risque d’incendie, 53 % à la pollution de l’eau, 53 % à la pollution de l’air, 44 % au risque de canicule et 41 % à l’érosion. La perception de ces risques varie selon les territoires, notamment entre le Nord et d’autres régions, ce qui laisse entrevoir des différenciations territoriales dans les préférences résidentielles et les trajectoires de mobilité. Ces éléments sont susceptibles d’alimenter le suivi des politiques de cohésion territoriale, de prévention des risques, de santé environnementale et d’adaptation au changement climatique, en lien avec les dynamiques du marché du travail et des mobilités professionnelles.(contenu résumé par l’IA) Lire la Suite

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