Au Nigeria, une stratégie innovante associe vaccination et nutrition préventive pour augmenter la couverture vaccinale des enfants

Un essai clinique randomisé mené au Nigeria et publié dans la revue scientifique Nature Medicine analyse l’impact d’une nouvelle modalité d’organisation des soins préventifs, dite stratégie « NutriVax », sur la vaccination des jeunes enfants dans un contexte de forte sous-nutrition et de faibles couvertures vaccinales. L’étude porte sur des enfants de 6 à 23 mois suivis dans des centres de santé primaires de l’État de Yobe, au nord du Nigeria, une zone caractérisée par une grande insécurité alimentaire et une situation sécuritaire instable. Le Nigeria présente l’un des taux de mortalité des moins de 5 ans les plus élevés au monde (105 décès pour 1 000 naissances vivantes), très au-dessus de la cible de 25 pour 1 000 fixée par les Objectifs de développement durable (ODD) pour 2030.

Les travaux soulignent le cercle vicieux entre sous-nutrition (incluant malnutrition aiguë et retard de croissance) et maladies infectieuses dans les contextes de faible couverture vaccinale : les infections réduisent les apports alimentaires et favorisent la sous-nutrition, tandis que la sous-nutrition affaiblit le système immunitaire et augmente la fréquence et la gravité des infections. Ce mécanisme est présenté comme l’une des principales causes de mortalité des enfants de moins de 5 ans, en particulier en Afrique subsaharienne.

Pour répondre à ce double enjeu de santé publique, la stratégie NutriVax consiste à coupler, au sein des centres de santé primaires, la vaccination de routine avec une distribution mensuelle de suppléments nutritionnels préventifs de la sous-nutrition. Il s’agit de suppléments nutritionnels à base de lipides, en petites quantités et prêts à l’emploi (SQ-LNS), distribués le jour des activités de vaccination, afin d’inciter les familles à fréquenter régulièrement les structures de soins. Selon les résultats rapportés, cette organisation permet de multiplier par deux la couverture vaccinale contre la rougeole et de diviser par deux la proportion d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin.

L’étude est conduite par un consortium incluant des chercheurs du Centre de Recherche Bordeaux Population Health (Inserm, IRD, université de Bordeaux), du centre de recherche PAC-CI à Abidjan (Côte d’Ivoire), membre de la Plateforme de Recherche Internationale en Santé Mondiale – PRISME Côte d’Ivoire, du Yobe State University Teaching Hospital (Nigeria), ainsi que des équipes humanitaires de l’ONG médicale internationale d’urgence ALIMA (The Alliance for International Medical Action). Elle illustre une collaboration entre institutions de recherche françaises et africaines et une ONG internationale autour d’un dispositif intégrant nutrition et vaccination dans les soins de santé primaires, avec des effets mesurables sur la couverture vaccinale dans un contexte de très forte vulnérabilité. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

Défiler vers le haut