Mesures du volume de la production d’enseignement non marchand

Un document de travail de la série « Documents de travail » des ministères sociaux (n° 2026-17, octobre 2026) analyse les méthodes de mesure du volume de la production des services d’éducation non marchande dans la comptabilité nationale française. Il porte sur l’éducation publique en France et s’intéresse en particulier à la prise en compte de la qualité du service rendu.

Actuellement, le volume de l’éducation non marchande est mesuré selon une approche dite « output » fondée sur les effectifs d’élèves. Cette méthode fait dépendre fortement le volume mesuré de l’évolution démographique : la baisse récente du nombre d’élèves conduit mécaniquement à une diminution du volume estimé, sans tenir compte d’éventuelles améliorations de qualité, par exemple via la réduction de la taille des classes. À l’inverse, la baisse des scores aux évaluations internationales PISA suggère une détérioration de la qualité de l’éducation, que la mesure en volume ne reflète pas non plus.

L’étude compare différentes options de mesure du volume et plusieurs ajustements qualité destinés à mieux saisir les dimensions qualitatives du service éducatif. Elle propose un cadre théorique intégrant ces ajustements qualité dans la mesure de volume en fonction de leur contribution au capital humain, sur la base d’estimations issues de la littérature économique.

Pour la période 2013‑2022, l’ajustement fondé sur les scores PISA réduit les taux de croissance annuels du volume de l’éducation de 0,056 point de pourcentage en moyenne, avec un effet maximal de ‑0,1 point. L’ajustement fondé sur la taille des classes accroît légèrement ces taux, de 0,015 point de pourcentage en moyenne, avec un maximum de +0,035 point. L’ajustement fondé sur la part des enseignants débutants a un impact négligeable, inférieur à 0,01 point de pourcentage.

Globalement, les auteurs constatent que les ajustements qualité testés ont un effet modéré sur le volume estimé de la production d’éducation, ce qui reflète un effet limité des indicateurs retenus sur les revenus futurs associés au capital humain. Toutefois, ils soulignent que ces effets, bien que faibles annuellement, peuvent s’additionner dans le temps et modifier la tendance observée.

L’étude montre également qu’une stratification plus fine du service éducatif, prenant en compte la scolarisation croissante des élèves en situation de handicap, conduit à une hausse plus marquée du taux de croissance du volume de production, pouvant atteindre 0,15 point de pourcentage. Cet élément est particulièrement pertinent pour le suivi des politiques d’inclusion scolaire et de handicap, car il illustre l’impact potentiel de la prise en compte explicite de ces publics sur la mesure de la production de services publics d’éducation. (contenu résumé par l’IA)​Lire la Suite​

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