À l’occasion du 80e anniversaire de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), qui sera célébré en octobre 2025, l’historien Pierre Rosanvallon rappelle que la fonction publique française se situe au cœur d’une tension structurante de la démocratie entre, d’une part, le temps court de la décision politique marqué par l’alternance et le débat et, d’autre part, le temps long de l’administration. La fonction publique a pour vocation d’incarner une permanence permettant la mise en œuvre continue de l’action publique, au service de la population et sous l’autorité des élus.
Cette permanence repose sur la capacité de l’État, des collectivités territoriales et des établissements de soins à garantir concrètement des principes issus de l’histoire collective et auxquels les citoyens sont attachés : égalité d’accès, continuité et efficacité des services publics, impartialité des décisions, neutralité de l’action administrative et protection de l’intérêt général. Elle s’appuie non seulement sur des institutions et des règles spécifiques, mais surtout sur l’ensemble des agents publics, quels que soient leur statut et leur métier (enseignants, magistrats, forces de sécurité, personnels pénitentiaires, personnels de mairie, animateurs, infirmiers, assistants sociaux, aides-soignants, agents administratifs et techniques, etc.).
Le texte rappelle le rôle fondateur du statut général des fonctionnaires de 1946, instauré à la Libération, qui visait à organiser une relation d’emploi adaptée aux spécificités de l’action publique, à protéger les agents contre l’arbitraire, à leur reconnaître des droits et à doter la puissance publique des moyens nécessaires pour conduire dans la durée les politiques de reconstruction et de développement du pays. Quatre-vingts ans plus tard, cette ambition reste d’actualité, mais se heurte à des transformations profondes : vieillissement de la population, réchauffement climatique, diffusion rapide du numérique et de l’intelligence artificielle, tensions de recrutement, renforcement des inégalités territoriales et contraintes budgétaires. Ces évolutions modifient simultanément les besoins de service public, les métiers et les conditions d’emploi des agents publics et appellent une réflexion sur les conditions de résilience à long terme des services publics, en particulier sous l’angle des ressources humaines. (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
