La note porte sur les enseignements tirés des travaux évaluatifs récents concernant la forte croissance de l’apprentissage depuis la réforme de 2018, notamment dans l’enseignement supérieur et dans les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). Cette massification est principalement attribuée aux aides à l’embauche d’apprentis, à l’augmentation de l’offre de certifications accessibles par l’apprentissage et à la hausse du nombre d’organismes de formation par apprentissage (OFA).
Les travaux montrent que l’activité « apprentissage » est globalement rentable pour les OFA. Dans un contexte de tensions salariales, de concurrence accrue entre organismes et d’évolution du profil des apprentis, ces structures développent toutefois des stratégies d’optimisation des coûts. La plupart mettent en place des éléments de pédagogie de l’alternance destinés à mieux articuler les apprentissages en centre de formation et en entreprise. Malgré ces évolutions, la hausse des taux de rupture de contrats et le sentiment exprimé par certaines entreprises d’être insuffisamment en relation avec leur OFA soulèvent des interrogations sur la qualité pédagogique de l’apprentissage.
Sur le plan institutionnel, la loi de 2018 a profondément modifié la gouvernance et le financement de l’apprentissage. Elle a fait passer d’un système piloté par les Régions sous contrainte budgétaire à un dispositif plus libéralisé, mobilisant à la fois les leviers de l’offre (multiplication des OFA, diversification des certifications) et de la demande (aides financières aux employeurs). La France se distingue dans ce domaine au regard des comparaisons européennes : la part des entreprises de dix salariés ou plus recourant à l’alternance est passée de 33 % en 2015 à 49 % en 2020, alors qu’en moyenne européenne ce taux est resté stable à 32 % en 2020, selon l’enquête Continuing Vocational Training Survey (CVTS). Les données indiquent également une progression de la part des femmes parmi les signataires de contrats d’apprentissage entre 2017 et 2021.
Le bilan de la réforme de 2018 reste toutefois incomplet. Les données sur le devenir des apprentis après la réforme ne sont pas encore disponibles, ce qui limite l’appréciation des effets de long terme sur l’insertion professionnelle et la qualité des parcours. Pour analyser les effets conjoints de la réforme de 2018 et des plans de relance sur l’apprentissage, France compétences et plusieurs partenaires publics (Dares, Céreq, France Stratégie, SIES, DEPP) ont organisé un séminaire le 17 mai, associant résultats d’études et lectures politiques des partenaires sociaux, des Conseils régionaux et de l’État. La note de synthèse restitue les principaux enseignements issus de ces travaux, dans une perspective de suivi des politiques de formation, d’emploi et de relations entre acteurs (État, Régions, partenaires sociaux, organismes de formation, entreprises). (contenu résumé par l’IA)Lire la Suite
